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Pratique · publié le · 4 min de lecture

Déclarer un sinistre décennal à son assureur : délais, pièces et erreurs à éviter

Un client signale un désordre sur un chantier ? Délai de déclaration, prescription de deux ans, pièces à réunir : les réflexes de l'artisan face à son assureur.

Un client vous écrit qu'une fissure est apparue, qu'une infiltration s'est déclarée ou qu'un carrelage se décolle : que faire, et à quel moment prévenir votre assureur ? Beaucoup d'artisans attendent de voir « si cela s'arrange », alors que le contrat prévoit des délais de déclaration. Voici les repères généraux, à adapter à votre contrat.

Pourquoi la décennale peut être engagée

Selon l'article 1792 du Code civil, tout constructeur d'un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l'acquéreur, des dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou qui, en affectant l'un de ses éléments constitutifs ou d'équipement, le rendent impropre à sa destination. Cette responsabilité s'applique pendant dix ans à compter de la réception des travaux. Elle ne s'écarte que si le constructeur prouve que le dommage vient d'une cause étrangère.

Tous les désordres ne relèvent pas de la décennale : un défaut mineur peut dépendre d'une autre garantie. Notre guide sur la parfait achèvement, la biennale et la décennale aide à faire la différence. Mais ce tri revient à l'assureur et, en cas de litige, au juge. Votre rôle est de ne pas retarder l'information.

Le délai de déclaration

L'article L113-2 du Code des assurances oblige l'assuré à déclarer à l'assureur tout sinistre de nature à entraîner la garantie, dans le délai fixé par le contrat. Ce délai ne peut pas être inférieur à cinq jours ouvrés, sauf exceptions prévues par le texte (deux jours ouvrés en cas de vol, par exemple).

Le même article encadre la sanction : une clause de déchéance pour déclaration tardive n'est pas opposable à l'assuré, sauf si l'assureur établit que le retard lui a causé un préjudice. Elle ne l'est pas non plus lorsque le retard est dû à un cas fortuit ou de force majeure. Il ne faut pas pour autant compter sur cette protection : un retard peut compliquer l'expertise et vous exposer à un litige avec votre assureur.

Combien de temps pour agir : la prescription de deux ans

Selon l'article L114-1 du même code, les actions dérivant d'un contrat d'assurance se prescrivent par deux ans à compter de l'événement qui leur donne naissance. Le texte prévoit des points de départ particuliers. Lorsque l'action de l'assuré contre l'assureur a pour cause le recours d'un tiers, le délai ne court qu'à partir du jour où ce tiers exerce une action en justice contre l'assuré ou a été indemnisé par lui.

C'est un point sensible pour un artisan mis en cause par un client : une assignation reçue est un événement à transmettre sans attendre. La clause de prescription doit aussi figurer dans votre contrat. Pour votre situation précise, seul l'examen de votre contrat et de vos pièces permet de dater ce délai.

Que faire concrètement

  1. Relire votre contrat : repérez le délai de déclaration, l'adresse ou la plateforme à utiliser, les activités et les chantiers couverts.
  2. Déclarer par écrit, de préférence par lettre recommandée ou par le canal prévu au contrat, en conservant une preuve d'envoi, même si vous pensez que le désordre est minime.
  3. Décrire les faits sans reconnaître de responsabilité : lieu, nature des travaux, date de réception, désordres constatés, dates des échanges avec le client.
  4. Réunir les pièces : devis et marché signés, procès-verbal de réception, factures, photos datées, courriers ou courriels du client, attestation d'assurance en vigueur à l'ouverture du chantier. Vérifier que votre attestation de décennale correspond bien à l'activité réalisée évite des surprises.
  5. Transmettre immédiatement toute mise en demeure ou assignation reçue.
  6. Laisser l'assureur organiser l'expertise et ne pas réparer ni indemniser le client de votre propre initiative avant son accord, sauf urgence de sécurité, que vous documenterez.

Les erreurs à éviter

  • Attendre que le client « se calme » ou que le problème s'aggrave.
  • Négocier seul un arrangement amiable engageant l'assureur sans son accord.
  • Supprimer des documents ou photos du chantier.
  • Penser qu'un changement d'assureur supprime le dossier : la garantie dépend du contrat en vigueur à la date prévue par les règles applicables, ce que votre assureur vous confirmera. Si votre contrat prend fin, par exemple lorsqu'un assureur quitte le marché, lisez notre article sur QBE et conservez toutes vos attestations d'ouverture de chantier.

Ce que cela change pour vous

Déclarer vite ne vaut pas reconnaissance de faute : c'est la condition pour que votre assureur puisse examiner le dossier. Il décidera de la prise en charge selon les termes de votre contrat et l'expertise ; aucune issue ne peut être garantie à l'avance, ni sur la prise en charge ni sur son montant. Et si vous cherchez un contrat clair sur ces points, comparez les conditions de déclaration et les franchises avant de signer, en vous aidant de notre page sur l'assurance décennale.

Sources

Article de veille préparé avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir des sources ci-dessus, qui font foi. Il donne une information générale et ne remplace ni la lecture de votre contrat ni l’étude de votre situation par un professionnel.

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